Miko et Siro scrutaient nos réactions d'un visage impassible tandis que Klm nous annonçait les règles d'un air sérieux. Ils ne plaisantaient pas. Vraiment pas.
- Mourir... dans le jeu ou dans la vrai vie? demanda Gomgom d'un ton tremblant qui ne collait pas à sa taille gigantesque.
- Les deux, répondis-je comme un réflexe. C'est bien ça, non?
Un nouveau silence gêné. Tous regardaient le plateau. Ils manquaient quatre figurines, ils en restaient cinq.
- La partie commence réellement à la première rencontre entre les deux côtés ennemis. L'objectif est ensuite de tuer leur Roi. Cependant, celui-ci reste enfermé dans son château imprenable. Pour le provoquer, il faut réussir en premier lieu les trois quêtes des Trois Orbes. Lorsque l'un des deux camps accomplit les quêtes, s'engage la bataille du Ragnarock. Le combat final, notre seule chance de tuer le Roi, commença Klm.
- Tout allait bien, jusqu'à notre première confrontation. On visitait les Terres d'Edenuglen, c'était fabuleux. Mais à la seconde visite, les problèmes vinrent. L'un d'entre nous fut enlevé, continua Miko.
- Saeri, elle nous avait suivi. Elle avait pris le Roi, enchaîna Siro. Nous ne connaissions pas les règles, et nous n'avons pas fais attention. Puis... Nous n'étions pas du tout préparé à ce genre d'éventualités. Le camp ennemi avait déjà trouvé leur forteresse, alors que nous n'en connaissions pas l'existence. Ils n'étaient que trois, mais ils possédaient des connaissances que nous n'avons même pas encore. Il nous faut de l'aide pour la sauver, ou finir le jeu avant qu'elle ne meure. Lorsque le jeu se termine, tous les personnages vivants retournent chez eux au plus vite.
- Comment êtes vous sortis du jeu? demanda Yannou qui n'avait plus du tout envie de rire.
- Chaque figurine permet un retour dans notre monde. Un retour seul et unique, même s'il peut être utiliser collectivement. Enfin collectivement... Nous ne savons pas combien de personnes peut supporter un retour. Généralement, il est utilisé pour lire les trois Quêtes dans les Orbes. Cela oblige les joueurs à aller jusqu'au bout du jeu. Il faut donc user de ce retour à bon escient, et ne pas en faire n'importe quoi.
Nous étions emportés comme dans un rêve. Nous ne contrôlions plus rien, et pourtant nous devions agir. Au plus vite. Un sentiment de camaraderies emplissait nos c½urs. Nous étions amis, nous allions devenir compagnons. Un troupe dans un nouveau Monde, avec un but. Il fallait sauver Sarah, ou plutôt Saeri, notre Reine. Plus besoin de penser si c'était une blague ou une histoire extravagante. La réalité était en face de nous, nous allions franchir le pas entre nos rêves et Edenuglen. Plus de papiers, de crayons et de dés. Voilà ce à quoi je pensait. Nous allions devenir nos personnages, tant de fois imaginés. Nous choisîmes tous une figurine. J'allais être l'assassin, une figurine noire. Notre groupe était formé ainsi : Trois figurines noires avec Miko en conjurateur, Gomgom en barbare et moi en assassin. Puis quatre figurines blanches, Klm en sorcier, Siro en paladin, Yannou en barde et Willy en constructeur/navigateur.
Il restait une figurine noire, celle de l'alchimiste. Une réserve, en cas de pépin quelqu'un pourrait revenir pour amener un nouveau compagnon. Nous en avions décidé ainsi.
Avant de partir, Miko, Siro et Klm nous firent marquer nos noms en lettres de sang sur une vieille feuille usée. "C'est une des seules matières que l'on peut emporter avec nous dans Edenuglen" avait dit Klm. Après une petite coupure sur le doigt, j'imprégnais le dessous de ma figurine de mon sang, afin de tamponner ma feuille. Cela marquait notre engagement dans l'aventure, on ne pouvait plus faire marche arrière. Le silence n'était plus le même. Le silence gêné avait fait place à un silence déterminé, enveloppé d'un mélange d'appréhension et de hâte.
- Ceci sera comme une fiche personnelle. Dans le jeu, elle se remplira toute seule. C'est un moyen que nous avons découvert pour connaître l'état de nos compagnons à tout moment. Dessus seront marqués nos réussites, nos défaites et notre santé. Cela est mieux de savoir comment va un de nos compagnons si l'on devait se séparer. Faites des échanges entre vous, avait enchérit Miko.
Je fis échanges avec Yannou, Gomgom avec Willy et Miko avec Klm. Siro, quand à lui, possédait la fiche de Saeri. Avec des gestes d'une lenteur et d'un calme extrême, Klm prit une sorte de pastel noire. Comme s'il procédait à un rite, il traça les contours d'une porte sur son mur. Dans un murmure incompréhensible, il prononça une sorte d'incantation. Les traits se mirent à briller, et une véritable porte apparut. Une porte ancienne en bois rustique, gravée de symboles inconnus, sur lesquels sillonnaient des runes. Malgré la luminosité dégagée par l'incantation, personne ne fermait les yeux, trop absorbés à regarder ce magnifique spectacle, aussi intense qu'inattendue.
- Messieurs, à vous l'honneur, dit-il.
- Hop hop hop, c'est moi le premier, dit Siro en rigolant. C'est parti les filles.
L'un après l'autre, ils passaient la porte. Miko vient me voir juste avant et me fixa du regard.
- On ne se connaît pas depuis longtemps, mais... le feeling est passé, pour ma part. Et puis, tu as l'air de bien aimer Saeri, hein? me dit-il avec un clin d'½il.
- Oui... répondis-je en rougissant et voulant changer de sujet, impressionné par les intuitions de Miko. T'as déjà un démon, de l'autre côté?
- Bakeru, un démon sombre et polymorphe, un peu à mon image. Il peut me servir d'arme ou de protection, mais aussi à des fins plus ou moins utiles... enfin tu verras bien.
Enfin mon tour. Je passais la porte, laissant derrière moi Miko, et son regard que je sentais posé sur moi.
- Mourir... dans le jeu ou dans la vrai vie? demanda Gomgom d'un ton tremblant qui ne collait pas à sa taille gigantesque.
- Les deux, répondis-je comme un réflexe. C'est bien ça, non?
Un nouveau silence gêné. Tous regardaient le plateau. Ils manquaient quatre figurines, ils en restaient cinq.
- La partie commence réellement à la première rencontre entre les deux côtés ennemis. L'objectif est ensuite de tuer leur Roi. Cependant, celui-ci reste enfermé dans son château imprenable. Pour le provoquer, il faut réussir en premier lieu les trois quêtes des Trois Orbes. Lorsque l'un des deux camps accomplit les quêtes, s'engage la bataille du Ragnarock. Le combat final, notre seule chance de tuer le Roi, commença Klm.
- Tout allait bien, jusqu'à notre première confrontation. On visitait les Terres d'Edenuglen, c'était fabuleux. Mais à la seconde visite, les problèmes vinrent. L'un d'entre nous fut enlevé, continua Miko.
- Saeri, elle nous avait suivi. Elle avait pris le Roi, enchaîna Siro. Nous ne connaissions pas les règles, et nous n'avons pas fais attention. Puis... Nous n'étions pas du tout préparé à ce genre d'éventualités. Le camp ennemi avait déjà trouvé leur forteresse, alors que nous n'en connaissions pas l'existence. Ils n'étaient que trois, mais ils possédaient des connaissances que nous n'avons même pas encore. Il nous faut de l'aide pour la sauver, ou finir le jeu avant qu'elle ne meure. Lorsque le jeu se termine, tous les personnages vivants retournent chez eux au plus vite.
- Comment êtes vous sortis du jeu? demanda Yannou qui n'avait plus du tout envie de rire.
- Chaque figurine permet un retour dans notre monde. Un retour seul et unique, même s'il peut être utiliser collectivement. Enfin collectivement... Nous ne savons pas combien de personnes peut supporter un retour. Généralement, il est utilisé pour lire les trois Quêtes dans les Orbes. Cela oblige les joueurs à aller jusqu'au bout du jeu. Il faut donc user de ce retour à bon escient, et ne pas en faire n'importe quoi.
Nous étions emportés comme dans un rêve. Nous ne contrôlions plus rien, et pourtant nous devions agir. Au plus vite. Un sentiment de camaraderies emplissait nos c½urs. Nous étions amis, nous allions devenir compagnons. Un troupe dans un nouveau Monde, avec un but. Il fallait sauver Sarah, ou plutôt Saeri, notre Reine. Plus besoin de penser si c'était une blague ou une histoire extravagante. La réalité était en face de nous, nous allions franchir le pas entre nos rêves et Edenuglen. Plus de papiers, de crayons et de dés. Voilà ce à quoi je pensait. Nous allions devenir nos personnages, tant de fois imaginés. Nous choisîmes tous une figurine. J'allais être l'assassin, une figurine noire. Notre groupe était formé ainsi : Trois figurines noires avec Miko en conjurateur, Gomgom en barbare et moi en assassin. Puis quatre figurines blanches, Klm en sorcier, Siro en paladin, Yannou en barde et Willy en constructeur/navigateur.
Il restait une figurine noire, celle de l'alchimiste. Une réserve, en cas de pépin quelqu'un pourrait revenir pour amener un nouveau compagnon. Nous en avions décidé ainsi.
Avant de partir, Miko, Siro et Klm nous firent marquer nos noms en lettres de sang sur une vieille feuille usée. "C'est une des seules matières que l'on peut emporter avec nous dans Edenuglen" avait dit Klm. Après une petite coupure sur le doigt, j'imprégnais le dessous de ma figurine de mon sang, afin de tamponner ma feuille. Cela marquait notre engagement dans l'aventure, on ne pouvait plus faire marche arrière. Le silence n'était plus le même. Le silence gêné avait fait place à un silence déterminé, enveloppé d'un mélange d'appréhension et de hâte.
- Ceci sera comme une fiche personnelle. Dans le jeu, elle se remplira toute seule. C'est un moyen que nous avons découvert pour connaître l'état de nos compagnons à tout moment. Dessus seront marqués nos réussites, nos défaites et notre santé. Cela est mieux de savoir comment va un de nos compagnons si l'on devait se séparer. Faites des échanges entre vous, avait enchérit Miko.
Je fis échanges avec Yannou, Gomgom avec Willy et Miko avec Klm. Siro, quand à lui, possédait la fiche de Saeri. Avec des gestes d'une lenteur et d'un calme extrême, Klm prit une sorte de pastel noire. Comme s'il procédait à un rite, il traça les contours d'une porte sur son mur. Dans un murmure incompréhensible, il prononça une sorte d'incantation. Les traits se mirent à briller, et une véritable porte apparut. Une porte ancienne en bois rustique, gravée de symboles inconnus, sur lesquels sillonnaient des runes. Malgré la luminosité dégagée par l'incantation, personne ne fermait les yeux, trop absorbés à regarder ce magnifique spectacle, aussi intense qu'inattendue.
- Messieurs, à vous l'honneur, dit-il.
- Hop hop hop, c'est moi le premier, dit Siro en rigolant. C'est parti les filles.
L'un après l'autre, ils passaient la porte. Miko vient me voir juste avant et me fixa du regard.
- On ne se connaît pas depuis longtemps, mais... le feeling est passé, pour ma part. Et puis, tu as l'air de bien aimer Saeri, hein? me dit-il avec un clin d'½il.
- Oui... répondis-je en rougissant et voulant changer de sujet, impressionné par les intuitions de Miko. T'as déjà un démon, de l'autre côté?
- Bakeru, un démon sombre et polymorphe, un peu à mon image. Il peut me servir d'arme ou de protection, mais aussi à des fins plus ou moins utiles... enfin tu verras bien.
Enfin mon tour. Je passais la porte, laissant derrière moi Miko, et son regard que je sentais posé sur moi.
