Mélange de peur et de découverte. Cette peur de l'inconnu qui nous fait pourtant envie. C'était cette sensation qui devait parcourir la plus grande partie du groupe. Ils avaient tous les yeux grands ouverts, examinant la moindre parcelle de ce décor magnifique. Cette plaine était infini. Nous n'étions que de vulgaires fourmis dans ce Monde créé par la magie des Dieux. Une longue couverture d'herbe fraîche réchauffant la Terre et ses mystères. Par endroit, des bâtisses rocheuses offrant un peu d'ombre à ceux qui le souhaitaient. Un silence religieux, parfois dérangé par les sifflements coupants des vents. Le toit du Monde portait quelques masses blanches, si opaques qu'elles pouvaient supporter un autre Monde sur leurs épaules. Ce qui semblait impossible n'avait aucun sens dans Edenuglen. Peut-être un peuple des cieux nous regardaient vagabonder à l'affût d'une attaque. Les Terres d'Edenuglen avaient-elles des limites à l'imagination?
Klm marchait devant moi de son pas lent et sûr. Il incarnait le calme et la sagesse, et cela paraissait dans sa façon de marcher. Il semblait en communion avec la nature, aussi protégé que je me sentais nu dans ces plaines immenses. Il savait où nous allions, chaque atome d'oxygène, chaque caresse du vent, chaque chuchotement des pierres lui indiquaient le chemin. Cela lui était devenu familier depuis le premier voyage. « Le Monde possède des langages qu'une simple vie ne peut apprendre ». Il s'amusait à nous le dire alors que tous ces langages lui étaient accessibles. Cela renforçait son côté paisible, cette force tranquille, cette magie puissante qui l'entouraient comme une aura infranchissable. La majesté de la nature dans un être si serein.
Il savait que Yann n'était pas en danger, les arbres lui avaient dit. Ils ne voulaient pas nous le dire, juste nous le sous-entendre. Klm préférait laisser vagabonder les différents sentiments et émotions du groupe. Je le contemplais, il était mon frère de c½ur. Nous nous aimions à l'égal de nos différences. Bien que totalement opposés, nous étions en symbiose. Un seul homme. Un tout. Je trouvais ses paroles cachées et il comprenait mes actes insensés. Ne dit-on pas que l'on apprend à se connaître à travers le regard d'autrui? Cela prenait tout son sens quand nous nous regardions. Là où les autres trouvaient son idée moyenne, je la trouvais excellente. Là où les autres me pensaient fou, il me comprenait et m'aidait dans ma réflexion. Nous étions, nous vivions, nous aimions, tout cela dans un espace blanc et pur, noir et complexe, sans aucun mot, juste des pensées. Je rattrapais ses pas.
- La nature est-elle favorable au passage d'un groupe de novices sur les Terres d'Edenuglen?
- Elle ne fait pas de différence. Si nous la respectons, elle nous respectera. Sa confiance n'est pas donné, nous devons simplement la mériter. Quand à sa protection, je me charge de la négocier. La question est plutôt de savoir si toi tu es favorable à ce passage.
Il avait vu juste. Venir à trois à Edenuglen était totalement différent que de venir avec un groupe entier. Nous étions une cible facile, et nos connaissances trop limitées pour se défendre convenablement. Nous devions rester prudent mais aussi se dépêcher, le temps nous était compté.
- Je protégerais tous ceux que je pourrais protéger, tu le sais bien.
- Je le sais, oui. Mon problème est de savoir si tu te protégeras toi.
- Les problèmes te vont mal. Tu devrais me les laisser.
Il sourit. Je lui rendis son sourire. Nous nous étions compris plus que nous nous étions parlés. Comme un accord sous-entendu, je me mis à l'arrière du groupe, Klm resta devant. Je protégeais nos arrières, il découvrait notre chemin. Obscure lumière.
Klm marchait devant moi de son pas lent et sûr. Il incarnait le calme et la sagesse, et cela paraissait dans sa façon de marcher. Il semblait en communion avec la nature, aussi protégé que je me sentais nu dans ces plaines immenses. Il savait où nous allions, chaque atome d'oxygène, chaque caresse du vent, chaque chuchotement des pierres lui indiquaient le chemin. Cela lui était devenu familier depuis le premier voyage. « Le Monde possède des langages qu'une simple vie ne peut apprendre ». Il s'amusait à nous le dire alors que tous ces langages lui étaient accessibles. Cela renforçait son côté paisible, cette force tranquille, cette magie puissante qui l'entouraient comme une aura infranchissable. La majesté de la nature dans un être si serein.
Il savait que Yann n'était pas en danger, les arbres lui avaient dit. Ils ne voulaient pas nous le dire, juste nous le sous-entendre. Klm préférait laisser vagabonder les différents sentiments et émotions du groupe. Je le contemplais, il était mon frère de c½ur. Nous nous aimions à l'égal de nos différences. Bien que totalement opposés, nous étions en symbiose. Un seul homme. Un tout. Je trouvais ses paroles cachées et il comprenait mes actes insensés. Ne dit-on pas que l'on apprend à se connaître à travers le regard d'autrui? Cela prenait tout son sens quand nous nous regardions. Là où les autres trouvaient son idée moyenne, je la trouvais excellente. Là où les autres me pensaient fou, il me comprenait et m'aidait dans ma réflexion. Nous étions, nous vivions, nous aimions, tout cela dans un espace blanc et pur, noir et complexe, sans aucun mot, juste des pensées. Je rattrapais ses pas.
- La nature est-elle favorable au passage d'un groupe de novices sur les Terres d'Edenuglen?
- Elle ne fait pas de différence. Si nous la respectons, elle nous respectera. Sa confiance n'est pas donné, nous devons simplement la mériter. Quand à sa protection, je me charge de la négocier. La question est plutôt de savoir si toi tu es favorable à ce passage.
Il avait vu juste. Venir à trois à Edenuglen était totalement différent que de venir avec un groupe entier. Nous étions une cible facile, et nos connaissances trop limitées pour se défendre convenablement. Nous devions rester prudent mais aussi se dépêcher, le temps nous était compté.
- Je protégerais tous ceux que je pourrais protéger, tu le sais bien.
- Je le sais, oui. Mon problème est de savoir si tu te protégeras toi.
- Les problèmes te vont mal. Tu devrais me les laisser.
Il sourit. Je lui rendis son sourire. Nous nous étions compris plus que nous nous étions parlés. Comme un accord sous-entendu, je me mis à l'arrière du groupe, Klm resta devant. Je protégeais nos arrières, il découvrait notre chemin. Obscure lumière.
